Haut débit, coté réseaux
Mobiliser les bonnes solutions techniques
           
Ce quil était possible
de faire avant
Doù venons-nous ? Au-delà de la simple consommation
de services (téléphonie, internet, etc), ou encore de la
gestion des infrastructures existantes (voies et passages, réseaux
existants), une collectivité qui souhaitait intervenir comme «
aménageur par les réseaux » ne pouvait jouer quun
rôle limité dans lancien cadre réglementaire.
Jusquà ladoption de larticle L-1425-1 par le
Parlement, mi-2004, les possibilités dintervention des collectivités
en matière dinfrastructures de télécommunications
étaient limitées à deux types dactions :
- Créer et gérer un réseau de télécommunications
pour satisfaire ses propres besoins ou ceux dautres organismes publics
sous la forme dun Groupement fermé dutilisateurs (GFU),
éventuellement de combiner plusieurs GFU (multi-GFU)
- Créer une infrastructure de télécommunications
dite passive (ou fibres noires)
Cet encadrement très restrictif de laction publique locale
avait été assoupli lors du Comité interministériel
à laménagement du territoire (CIADT) tenu en juillet
2001 avec la suppression du constat de carence et de la contrainte de
délai damortissement sur 8 ans. Toutefois, ce dispositif
juridique restait un frein pour les collectivités qui souhaitaient
répondre aux enjeux posés. Aussi bien en matière
de GFU que de pose dinfrastructures passives.
Soumis à une autorisation préalable de lAutorité
de régulations des télécommunications (ART), les
réseaux de type GFU étaient dans limpossibilité
juridique de répondre aux besoins des particuliers et des entreprises.
Ainsi, la communauté urbaine de Nancy, qui avait souhaité
en 1999 étendre son GFU pour desservir des entreprises et
divers sites dactivités de lagglomération, avait
dû renoncer à son projet suite à une action en justice
de France Télécom, faisant valoir le fait que la carence
de linitiative privée nétait pas vérifiée.
Le GFU avait donc pour principal inconvénient disoler
la commande publique de lensemble du reste du marché (entreprises
et grand public) et les pouvoirs publics se privaient ainsi dun
effet levier parfois décisif pour laménagement numérique
du territoire. En effet, lART estime que les besoins publics (éducation,
santé, divers administrations
) représentent 30 % du
marché dun territoire.
La pose dinfrastructures passives par les collectivités
locales ne garantissait en rien quune offre haut débit serait
proposée sur le territoire. Pour que la fibre noire soit
« activée », cest- à- dire rendue opérationnelle,
divers équipements télécoms doivent être installés
sur le réseau afin que celui-ci soit capable de transmettre les
signaux de télécommunications. Dans le cas dun réseau
passif, le propriétaire ou le concessionnaire du réseau
loue aux opérateurs laccès à linfrastructure,
à charge pour les opérateurs de télécommunications
de réaliser les investissements nécessaires à la
mise en place de leur service haut débit. Dans le cas dun
réseau actif, le propriétaire ou le concessionnaire du réseau
vend de la bande passante aux opérateurs qui souhaitent
déployer une offre haut débit. Le déploiement dinfrastructures
passives sest avéré être un dispositif peu attractif
vis-à-vis des opérateurs, à fortiori lorsque ces
infrastructures concernent des territoires dont le marché potentiel
est jugé peu convaincant par ces mêmes opérateurs.
Léclatement de la bulle internet en 2001 et la réduction
des capacités dinvestissements des opérateurs survivants
ont renforcé ce constat : créer une infrastructure passive
comporte le risque quelle reste en jachère. Pour susciter
lappétence des opérateurs, il est préférable
de financer la création dun réseau actif et de vendre
de la bande passante et cest cette possibilité que
larticle L-1425-1 du CGCT a ouvert aux collectivités
locales.
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