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Haut débit
Comprendre les enjeux du haut débit
             
Haut débit et territoires : Ce
quil faut retenir
Après y avoir goûté, qui peut vraiment se passer de
linternet « haut débit »?
La métaphore est connue: comme le passage du puits à leau
courante, la transition du « bas » vers le « haut débit
» constitue une véritable révolution. Après
laccès généralisé à leau,
lélectricité, le téléphone, laccès
à linternet dans les meilleures conditions est devenu indispensable
pour un nombre croissant de citoyens, à leur domicile et dans lexercice
de leur profession.
Mais, professionnels et habitants situés hors des grands centres
urbains sont-ils condamnés à se voir écartés
de linternet haut débit, avec toutes les conséquences
que cela peut représenter aujourdhui sur laccès
aux services sociaux, culturels, économiques, ou administratifs
? A défaut dune intervention publique forte, cest tout
au plus une trentaine dagglomérations qui profiteront durablement
des innovations futures de linternet. Déjà fin 2003,
plus de 60% des communes françaises représentant près
de 15 millions dhabitants, naccédaient à aucune
offre « haut débit ». Une fracture territoriale, donc,
mais également économique, culturelle et sociale ; le risque
existe de créer de nouveaux clivages à lencontre de
territoires, dentreprises, de citoyens et spécialement de
groupes fragiles : jeunes, sans emploi, seniors, handicapés, et
dune manière générale toutes les situations
où demeurent des obstacles techniques, financiers ou culturels.
Ces enjeux justifient que les collectivités et les usagers naient
de cesse de faire du haut débit un enjeu de premier plan, pesant
de façon croissante dans le maintien des services publics, le développement
et la compétitivité économique et sociale, et donc
lavenir de populations entières sur tout le territoire national.
A enjeu durable, réponse durable : limplication des collectivités
doit être adaptée et mesurée, inscrite dans la durée
; elle doit aussi sappuyer sur de nouvelles formes de péréquations
territoriales, fonctions du positionnement des acteurs publics et privés
présents. De nombreuses initiatives se sont fait jour, elles participent
defforts pour répondre aux enjeux.
Pour bien comprendre ces enjeux, que doit-on retenir de ces 10 dernières
années ? Comment chacun des acteurs a t-il évolué
dans le paysage ?
· Les industriels : linnovation technologique est intense,
à tous les niveaux : réseaux, équipements, terminaux
(ordinateurs, téléphones mobiles, etc), logiciels
techniquement, tout (ou presque) est possible !
· Les opérateurs : après une phase deuphorie,
le marché des opérateurs de réseaux et de services
sest à nouveau concentré. Au final, la dynamique du
marché a essentiellement profité aux grandes agglomérations.
Les principaux acteurs ont concentré leurs équipements,
mais également leurs équipes techniques et commerciales,
dans les zones à forte rentabilité. Les offres de services
les plus performantes ne desservent pas les populations plus excentrées.
Les opérateurs locaux sont quasiment inexistants.
· Lopérateur historique (France Télécom)
: depuis louverture du marché à la concurrence, lopérateur
nest plus tenu, hors service universel (téléphone,
un certaines nombre de cabines publiques, etc), de desservir les petites
communes rurales avec les mêmes offres, la même qualité
de service, ni des prix comparables à ceux pratiqués dans
les grandes villes. En conséquence, les tarifs facturés
sur des offres professionnelles « haut débit » varient
couramment du simple au double, voire au triple. Entre la région
parisienne et Lyon, Toulouse ou Marseille, les offres concernées
ne sont pas disponibles dans la plus grande partie du territoire.
· Le régulateur : lAutorité de Régulation
des Télécommunications, créée depuis le 1er
janvier 1997, uvre pour que la concurrence sexerce effectivement,
que la dynamique profite à tous les acteurs et aux utilisateurs,
que le financement du service public soit assuré (fourniture à
tous dun service téléphonique de qualité à
prix abordable, dun service de renseignements et annuaire dabonnés,
etc), et que soit pris en compte « lintérêt des
territoires et des utilisateurs, notamment handicapés, dans laccès
aux services et aux équipements ».
· Les utilisateurs, citoyens et entreprises: en quelques années
seulement, le passage dune minorité dinitiés,
à près de 24 millions dutilisateurs, a donné
un poids considérable à linternet en temps quoutil
déchange, dinformation et d_expression ; linternet
saffirme et sinscrit en complémentarité parfaite
des autres supports de communication et dinformation (téléphone
et SMS, courrier, télécopie, mais aussi contact physique
aux guichets et lieux daccueil et de renseignement) ;
· LÉtat : il cumule les rôles, depuis celui
dacheteur de services, de gestionnaire du domaine public, doffreur
de services, mais surtout dactionnaire de France Télécom.
Hier premier actionnaire, il nest plus détenteur que denviron
41% du capital depuis septembre 2004, poursuivant ainsi la privatisation
de lopérateur. En tant quaménageur, cest
principalement au travers du CIADT (comité interministériel
à laménagement du territoire) que son engagement sexprime,
ainsi que dans les Contrats de plan État-Région en cours
dévolution. Mais au quotidien, ce sont les ministères,
chacun dans leurs rôles et en interministériel, qui promeuvent
le développement de linternet dans le cadre des actions de
lAgence pour le Développement de lAdministration Électronique
(ADAE), de la Mission pour lÉconomie Numérique, du
Conseil Stratégique des Technologies de lInformation (CSTI),
ou encore de la Délégation aux Usages de lInternet
(DUI).
· La Caisse des Dépôts : Lintervention de la
CDC auprès des collectivités locales pour le développement
de réels accès haut débit relève dune
mission gouvernementale qui associe les objectifs daménagement
du territoire et de dynamique dun marché concurrentiel. Pour
lexercice de ce mandat délivré lors des Comités
Interministériels à lAménagement et au Développement
du Territoire (CIADT) de juillet 2001, décembre 2002 et septembre
2004, la CDC a prévu une enveloppe de 228 millions deuros
de fonds propres en vue dinvestir notamment par apports au capital
de sociétés, délégataires dinfrastructures
et de réseaux mutualisés ;
· Les collectivités : passées du rôle de simples
consommatrices de services télécoms, à celui de gestionnaires
dinfrastructures (réseaux de toutes sortes, sous-sol, égouts),
depuis quelques années elles entendent prendre la main sur la façon
dont se déploient les réseaux haut débit sur leur
territoire. A ce jour, près de 150 projets communaux, intercommunaux,
départements, et régionaux sont portés par des collectivités
désireuses de mieux irriguer leur territoire en services haut débit.
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